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Nouvelle option de contrôle chimique pour les thrips et les aleurodes

Un nouveau pesticide est disponible pour la production ornementale en serre au Canada, qui a montré son potentiel pour une suppression efficace des thrips et des espèces d’aleurodes difficiles à contrôler.

Mais pour que ce nouvel outil reste efficace, les producteurs devront utiliser ce produit chimique à bon escient. Continuez à lire pour obtenir des données d’efficacité sur les cultures ornementales et les meilleures pratiques de gestion pour l’incorporation de ce produit chimique dans votre boîte à outils de lutte intégrée contre les parasites.

Ference – un nouvel enregistrement pour les thrips :

Depuis plusieurs décennies maintenant, il y a eu peu d’options réelles de lutte chimique contre les thrips des fleurs de l’Ouest dans la floriculture canadienne, en raison de la capacité écrasante de ce ravageur à devenir résistant aux produits chimiques. De plus, la majorité de nos populations de thrips des fleurs occidentales dans les serres proviennent de boutures importées, ce qui signifie qu’elles peuvent arriver avec des problèmes de résistance. Les produits chimiques qui ont permis de lutter contre les thrips ces dernières années comprennent le DDVP (dichlorvos), le Pylon (chlorfénapyr) et parfois le Success (spinosad). Mais les résultats varient fortement entre les populations de thrips dans les différentes fermes et sur les différentes cultures.

En outre, TOUTES les options ci-dessus anéantissent essentiellement les programmes de biocontrôle des thrips, étant durs avec les acariens prédateurs (même en sachets). Leur utilisation signifie qu’il peut être difficile de relancer votre programme de biocontrôle des thrips, et peut souvent vous remettre sur un « tapis roulant » de pesticides pour un cycle de culture.

Cependant, le Ference (c’est-à-dire le cyantraniliprole ; connu sous le nom de Mainspring aux États-Unis et d’Exirel pour les grandes cultures au Canada), est considéré comme doux pour tous les acariens prédateurs, selon la base de données de Koppert sur les effets secondaires des pesticides. Il s’agit donc d’une meilleure option pour les producteurs qui comptent sur le biocontrôle pour maîtriser les épidémies occasionnelles de thrips. (Pour plus de détails sur Ference et son application, voir l’étiquette la plus récente de Santé Canada ici).

Mais est-ce que ça marche ??? Bien que nous ne puissions pas prédire quel type de contrôle Ference apportera à toutes les populations de thrips, un récent essai en culture (décrit ci-dessous) suggère qu’il peut être efficace dans certains cas.

Étude de cas sur les producteurs (Ontario) :

Le problème : ce producteur a commencé à constater des dégâts inhabituels et importants sur les bourgeons, les fleurs et certains feuillages au début du mois de février, malgré un solide programme de lutte biologique à base de mites. Le nombre de thrips capturés sur les cartes de surveillance était plus élevé que d’habitude (figure 1, ci-dessous), et il y avait beaucoup plus de variation (différence) dans le nombre de thrips entre les sections de la serre (comme indiqué par les barres d’erreur standard dans le graphique).

D’importants dégâts alimentaires (stries blanches) et des pétales déformés causés par les thrips se nourrissant au stade du bourgeon sur les chrysanthèmes coupés. Les dommages foliaires causés par les thrips sont également visibles en arrière-plan. Photo avec l’aimable autorisation de A. Summerfield (UofG).

L’échantillonnage effectué par le MAAARO et Ashley Summerfield, étudiante à l’université de Guelph, a montré que la population de thrips se répartissait grosso modo entre le thrips des fleurs de l’Ouest et le thrips de l’oignon – un parasite assez nouveau que nous avons observé dans les serres de l’Ontario. La présence d’un nombre élevé de thrips de l’oignon (en particulier dans des variétés spécifiques comme le « white magnum » et le « feelin’ green ») aide à expliquer pourquoi le programme habituel de biocontrôle du producteur ne fonctionnait pas. (Voir ici et ici pour plus d’informations sur les thrips de l’oignon dans les plantes ornementales).

L’efficacité des pesticides homologués au Canada pour la lutte contre les thrips dépend probablement des espèces présentes dans votre serre et de leur source. Les thrips représentés ici comprennent le thrips des fleurs de l’Ouest (à gauche), le thrips de l’oignon (au centre) et le thrips du chrysanthème (à droite). Crédit photo : A. Summerfield (UofG).

Le Plan : Comme les acariens, les nématodes, les applications de Beauveria et les grandes quantités de cartes de piégeage de masse n’assuraient pas le contrôle, et que les dommages causés aux fleurs rendaient nombre d’entre elles invendables, le consultant Graeme Murphy (BioLogical Consulting) a suggéré qu’il fallait agir rapidement avec des pesticides.

Le résultat :

Le cultivateur a pulvérisé des rangées successives de serres jusqu’à ce que toutes les variétés de momie reçoivent 2 applications de Ference à la mi-mars. Le nombre de thrips a commencé à diminuer après que toutes les zones aient reçu une application (22 février). Les chiffres sont revenus à des niveaux normaux sur les cartes de surveillance au début du mois de mars – les applications ont été poursuivies pendant une certaine période afin d’assurer une couverture et un contrôle continu.

Conclusions :

Dans ce cas, Ference semble avoir supprimé tous les thrips (étant donné la baisse du nombre total de thrips sur les cartes), avec peu d’effet sur les acariens prédateurs. Cela a permis aux acariens restants dans les sachets de reprendre pied, ce qui a conduit à une réussite.

Comme ce producteur était infesté à la fois par le thrips de l’oignon et par le WFT, il est difficile de déterminer l’efficacité de Ference contre ces deux espèces à elles seules. Notre échantillonnage à la deuxième date était probablement biaisé en faveur des thrips de l’oignon, car nous nous sommes concentrés sur les variétés les plus endommagées. Comme de nombreux producteurs de chrysanthèmes en Ontario sont de toute façon confrontés à un mélange des deux espèces de thrips, la distinction est peut-être discutable.

Cependant, il faut noter qu’il s’agissait probablement d’une population de thrips RESIDENTS qui s’était accumulée dans cette serre – ce qui signifie qu’ils étaient peut-être plus sensibles aux produits chimiques. Les populations de thrips résultant de l’importation hebdomadaire de boutures peuvent ne pas avoir le même effet en raison d’une résistance potentielle. Une surveillance attentive du nombre et des espèces de thrips sera nécessaire lorsque Ference sera utilisé pour déterminer son efficacité dans des exploitations individuelles.

Férence pour la mouche blanche :

La saison des poinsettias étant à nos portes, certains d’entre vous se souviendront peut-être du tableau ci-dessous ce poste concernant les produits chimiques efficaces pour l’aleurode Bemisia dans le poinsettia. Ces données ont été fournies avec l’aimable autorisation de chercheurs américains (vous pouvez voir leurs méthodes et résultats complets ici). D’après leurs résultats, Ference se compare très bien aux autres options chimiques pour l’espèce Bemisia B.

Au moment de cet affichage à l’automne 2019, Ference n’était pas encore enregistré pour les plantes ornementales au Canada. Depuis mars de cette année, il peut être utilisé au Canada pour lutter contre les espèces d’aleurodes sur les plantes ornementales d’intérieur et d’extérieur (y compris les fleurs coupées).

Pesticides testés

IRAC

Lutte contre les épidémies à l’aide de produits chimiques uniquement

Nom commercial américain (A.I.)
Nom canadien (statut dans les plantes ornementales de serre)
Nymphes
Adultes
Aria (flonicamide)
Beleaf (enregistré)
9C
BON
BON
Altus (flupyradifuron)
Altus (enregistré en 2018)
4D
PAUVRES*.
FAIR
Endeavor (pymétrozine)
Endeavor (enregistré)
9B
POOR
POOR
Kontos (spirotetremat)
Kontos (enregistré)
23
BON
BON
Ressort principal (Cynatraniliprole)
FERENCE (maintenant enregistré !)
28
EXCELLENT
EXCELLENT
Safari (dinotefuran)
(Non enregistré dans CAN)
4A
POOR
POOR
Ventigra
Ventigra (enregistré en 2019)
9D
BON à EXCELLENT
DE MOYEN À EXCELLENT

*A des taux curatifs élevés. Lorsque des taux plus faibles ont été appliqués à titre préventif, il y a eu très peu de suppression par rapport au traitement de contrôle (eau).

Delphastus (le petit coléoptère noir sur les deux photos) est un prédateur des œufs d’aleurodes, et est particulièrement utile pour lutter contre l’aleurode Bemisia dans les cultures de poinsettia. Cependant, cet agent de biocontrôle est TRÈS sensible aux produits chimiques, notamment à Ferrence.

Cependant, nous savons tous que le contrôle de l’aleurode Bemisia, en particulier dans le Poinsettia, ne se fait pas sans quelques réserves. Rappelez-vous ces meilleures pratiques de gestion (qui sont vraies CHAQUE saison) pour éviter les explosions d’aleurodes en fin de saison :

N’oubliez pas que même les « nouvelles » homologations de pesticides peuvent ne pas fonctionner sur les espèces de Bemisia qui arrivent sur les boutures. En raison de la pratique courante d’utilisation intensive de pesticides par les propagateurs de poinsettias, et de l’homologation antérieure dans d’autres pays, il se peut qu’une résistance se soit déjà développée dans ces populations. Si le produit est appliqué tôt dans la saison, vous pouvez constater un bon abattement d’une partie de la population (la partie sensible…), mais soyez prêt à ce que les applications de suivi échouent éventuellement.
Pour cette raison, il est TOUJOURS préférable de commencer la saison de votre poinsettia par une lutte biologique, quels que soient les outils chimiques dont nous disposons. Une période de lutte contre les parasites n’utilisant que des ennemis naturels permet à l’espèce Bemisia B de dominer l’espèce Q (qui est beaucoup plus susceptible de développer une résistance et une résistance croisée aux produits chimiques). Cela signifie que les applications de pesticides en fin de saison (si nécessaire) ont de meilleures chances de fonctionner.
Si vous devez vous tourner vers les pesticides fin septembre ou début octobre, commencez toujours par ceux qui sont les plus « doux » pour les agents de contrôle biologique. Sinon, vous n’aurez nulle part où aller si les applications de produits chimiques ne fonctionnent pas comme prévu. Malheureusement, selon le Base de données Koppert sur les effets secondairesLe Ference (cyantraniliprole) est extrêmement nocif pour le Delphastus, un prédateur clé des œufs de Bemisia et une option pour les « points chauds » de Bemisia, lorsqu’il est appliqué en spray. Il s’agit donc d’un produit chimique que vous ne voudrez probablement utiliser qu’en dernier recours. Aucune information n’est encore disponible sur la compatibilité de Ference avec les parasitoïdes des aleurodes tels que Encaria et Eretmocerus, ni sur sa compatibilité avec les agents de biocontrôle lorsqu’il est appliqué par arrosage (bien que cette méthode d’application soit généralement plus douce).

L’essentiel :

Pour conclure ce billet, je voudrais que vous vous rappeliez tous l’époque où Success (spinosad) et Intercept (imidaclopride) ont fait leur apparition sur le marché des producteurs de plantes ornementales au Canada. Quelles balles d’argent ils allaient être ! Nos problèmes de parasites vont disparaître ! Huzzah !

Malheureusement, nous savons comment ces histoires se sont terminées. La résistance au succès s’est développée dans les populations de thrips des fleurs de l’Ouest en moins de 6 mois… L’interception n’a été efficace pour l’aleurode Bemisia sur Poinsettia que pendant quelques saisons. Et l’utilisation intensive de ces deux programmes de biocontrôle a perturbé les programmes.

Même si Ference travaille sur le Bemisa cette année, et continue à supprimer les populations de thrips, la résistance est une menace réelle avec ces deux ravageurs. Et, bien que compatible avec les acariens, Ference peut perturber les parasitoïdes ou d’autres agents de biocontrôle. Les producteurs devront être judicieux dans leur utilisation, et garder ce produit pour les cas où la suppression des parasites est une VRAIE nécessité (c’est-à-dire lorsque les ventes sont menacées de façon réaliste par les dommages ou la pression des parasites). Sinon, nous reviendrons à la case départ, c’est-à-dire sans aucun véritable outil chimique dans nos ceintures à outils pour deux de nos parasites les plus graves.

Merci aux producteurs et aux consultants qui ont partagé leurs données pour rendre ce poste possible, ainsi qu’à A. Summerfield (Université de Guelph) pour son aide dans la collecte d’échantillons et l’identification de toutes les espèces de thrips.

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Cet article a été rédigé par Sarah Jandricic, spécialiste de la lutte antiparasitaire intégrée en floriculture sous serre, OMAFRA et traduit par serre2jardin.com. Les produits sont sélectionnés de manière indépendante. Serre2jardin.com perçoit une rémunération lorsqu’un de nos lecteurs procède à l’achat en ligne d’un produit mis en avant.