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Comparaison du biocontrôle aux pesticides pour la lutte contre l’aleurode Bemisia dans les poinsettias

C’est à nouveau la saison des collages de poinsettias, et la question revient toujours à la même : dois-je utiliser des produits chimiques pour lutter contre l’aleurode Bemisia et espérer que cela fonctionne cette année ? Ou dois-je passer à la lutte biologique ? Nous vous présentons ici quelques comparaisons tête à tête qui peuvent vous aider à prendre une décision.

Une discussion approfondie sur ce sujet a également été capturée par l’émission « Bug Bites » de MSU l’année dernière, et j’ai inclus la vidéo ci-dessous.

Pesticides contre Bios : Efficacité

Étant donné que les aleurodes Bemisia proviennent de boutures et que presque tous les producteurs commerciaux s’appuient actuellement sur des programmes de pesticides pour la gestion, vos aleurodes auront probablement été exposés à de multiples applications de plusieurs groupes de pesticides avant d’entrer dans votre serre.

Selon la combinaison de produits chimiques choisie par le producteur, cela signifie que dans CERTAINES années (p. ex. 2017, Fig. 1), nous aurons encore le choix de produits chimiques efficaces au Canada.

Fig. 1. En 2017, les produits chimiques ont été aussi efficaces que la lutte biologique utilisant des parastioïdes (avec ou sans prédateur) dans un essai commercial en serre (1 baie par traitement). L’aleurode présent sur moins de 15 % de la culture est acceptable pour la plupart des acheteurs commerciaux et est considéré comme un programme réussi. Les acariens prédateurs par eux-mêmes n’ont pas été efficaces.

Mais, d’autres années (par exemple 2018, Fig. 2), nous n’avons AUCUN produit chimique efficace, même lorsque plusieurs ingrédients actifs sont utilisés en rotation.

En effet, une surexposition aux produits chimiques pendant la phase de propagation peut amener les populations de Bemisia à être principalement composées de l’espèce « Q » (c’est-à-dire « hautement résistante ») d’aleurodes au moment où elles arrivent dans votre serre.

Figure 2. De multiples produits chimiques ont été appliqués contre l’aleurode en 2018, et tous ont échoué. Les 3 tests des programmes de biocontrôle (voir ci-dessous) ont été efficaces. Les tests ont été réalisés dans la même serre commerciale qu’en 2017.

Actuellement, l’espèce Q semble être résistante à tous les produits chimiques contre les aleurodes homologués au Canada, à l’exception peut-être du nouveau produit ornemental Ferrence (Cyantraniliprole). Ceci est basé sur les essais des producteurs (ci-dessous). Les produits pour lesquels une résistance à l’aleurode Bemisa a été observée sur le poinsettia sont Altus (flupyradifurone), Beleaf (flonicamide), Distance (pyriproxifen), Dynomite (pyridaben) et Kontos (spirotetremat). Pour en savoir plus sur les différentes espèces d’aleurodes Bemisia (anciennement, les biotypes) que l’on trouve sur le poinsettia, consultez le site suivant cet article.

Dans l’ensemble, plusieurs années de tests effectués par les producteurs démontrent que le biocontrôle est la seule approche CONSISTANTE.

Pesticides contre Bios : Économie

Les producteurs s’inquiètent à juste titre du coût de l’abandon des pesticides au profit du biocontrôle. Adaptés à chaque exploitation et à la pression exercée par les ravageurs, les programmes de biocontrôle, en fonction de l’entreprise et des produits, peuvent aller d’un montant nominal de 3 cents (CDN$) à environ 12 cents par pot. Il faut jouer un peu pour déterminer ce qui fonctionne pour votre ferme particulière (et les variétés de poinsettias cultivées) pour les coûts les plus bas, c’est pourquoi il peut être bon de travailler avec un consultant indépendant.

Figure 3. Plusieurs agents de biocontrôle sont souvent nécessaires pour lutter contre l’aleurode, ce qui peut faire augmenter les coûts.

S’il est vrai que les programmes de lutte chimique contre l’aleurode du poinsettia sont moins chers – environ 2 cents/pot dans les essais commerciaux au Canada – cela suppose que les pesticides fonctionnent.

Les années où les populations d’aleurodes arrivant sur les boutures ont développé une résistance importante, les coûts des pesticides peuvent monter en flèche car de multiples pulvérisations (inefficaces) sont effectuées (voir figure 2). Les coûts de pesticides et les pertes de récolte qui en résultent finissent par être beaucoup plus élevés que ne l’aurait été un programme de biocontrôle.

Et, comme l’a dit un cultivateur, « les coûts initiaux ne sont pas pertinents si vous ne pouvez pas contrôler le parasite ».

Quel Bios utiliser :

La réussite d’un programme de biocontrôle repose sur le fait de savoir quels bios utiliser, et quand les utiliser. Les producteurs canadiens réussissent à utiliser l’un des trois programmes suivants. Ces trois programmes ont en commun l’utilisation de plusieurs ennemis naturels, afin de cibler plusieurs stades de vie de l’aleurode de la patate douce (figure 3).

Fig. 4. Aleurode Bemisia parasitée par Encarsia (à gauche) et Eretmocerus (à droite).

Option 1 : Utiliser des taux élevés (environ 9/mètre carré) d’un mélange d’Encarsia formosa et d’Eretmocerus eremicus (voir Fig. 4). Contrairement à certains rapports, LES DEUX guêpes parasitent les nymphes d’aleurodes Bemisia ET s’en nourrissent (voir réf.ici , ici et ici pour Encarsia se nourrissant de
/ parasitant Bemisia). En prime, les Encarsia se nourrissent également de chrysalides (cf. ce référence). L’Encarsia et l’Eretmocerus se présentent sous la forme de cartes d’émergence « combo » très pratiques provenant de nombreux fournisseurs, comme Koppert, Biobest et BioLine. Les cartes peuvent être placées dès le banc de brumisation – il suffit de les recouvrir d’un gobelet en polystyrène pour éviter qu’elles ne soient détrempées et moisies.
Option 2 : Des taux plus faibles d’Encarsia plus le scarabée prédateur Delphastus. Parfois appelée « programme de la côte ouest », cette méthode a été mise au point par l’entreprise Applied Bionomics de Colombie britannique et repose sur des Encarsia « frais », censés avoir une meilleure capacité de recherche. Les Encarsia (environ 0,25-2/mètre carré) sont lâchés chaque semaine pendant 9 semaines. Des Delphastus sont ajoutés pour aider à prendre soin des « points chauds » qui pourraient se développer. Étant donné sa sensibilité aux pesticides, le Delphastus ne doit pas être appliqué avant 4 semaines après la réception des boutures (lorsque les résidus de pesticides de la fin du propagateur se sont dissipés).
Option 3 : L’approche « kitchen sink ». Elle comprend tous les parasitoïdes ci-dessus, plus Delphastus ET des acariens comme Swirskii ou Limonicus pour attaquer les œufs d’aleurodes. Limonicus ou Swirskii peuvent être appliqués sur le banc de brumisation (à la volée) et tout au long du cycle de culture, et peuvent recevoir une nourriture complémentaire comme du pollen ou des œufs d’Ephestia pour aider leurs populations à se développer. Les acariens ne suffisent pas à eux seuls à lutter contre l’aleurode (voir Fig. 1).

Vous voulez plus d’informations ?

L’année dernière, un webinaire approfondi a été enregistré par votre serviteur pour le programme Bug Bites ! de Michigan State Extension. Regardez l’enregistrement ici !


Sarah Jandricic examine le système de lutte intégrée basé sur le biocontrôle que nous utilisons contre l’aleurode Bemisa ici en Ontario, et comment nous en sommes arrivés là, dans son webinaire pour Michigan State Extension.

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Cet article a été rédigé par Sarah Jandricic, Greenhouse Floriculture IPM Specialist, OMAFRA et traduit par serre2jardin.com. Les produits sont sélectionnés de manière indépendante. Serre2jardin.com perçoit une rémunération lorsqu’un de nos lecteurs procède à l’achat en ligne d’un produit mis en avant.